Concert de ROY AYERS au Chabada: Debriefing

Ceux qui s’attendaient à une « party disco funk » furent légitimement déçus. C’était prévisible au vu de l’age du capitaine et de ses fidèles lieutenants. Mais les doux rêveurs que nous sommes espéraient un set plus relevé au vu de l’impressionnante discographie du bonhomme.
Pour l’occasion le Chabada nous a donc reçu dans sa configuration « club » privilégiant l’intimité à la grande salle. Quoiqu’il arrive nous sommes tous là pour voir une légende du Jazzfunk, un des derniers dinosaures de la  » great black music ».
Roy arrive tout sourire avec une formation étonnamment réduite, basse batterie clavier et choriste, pas de guitare et pas de cuivres. En fait si, il y avait un sax mais joué, peut-être faute de moyen, par le clavier (loin d’être manchot du reste). Soit, il débute par « Searching », un classique efficace. Ensuite sur une reprise d’un titre de DIZZY GILLESPIE, à la limite du freejazz, qu’ils tournent en dérision grace à leurs talents respectifs. Et il déroule comme ça 1 heure 30 en demi-teinte.
Il injectera 2 titres funky intemporels (Everybody love the sunshine, We live in Brooklin baby) dans de (trop) longues plages smoothy où l’on se surprend à discuter de la pertinence d’une olive noire dans son martini tout en draguant maladroitement une serveuse mariée et totalement débordée, bref on s’ennuie royalement!
Roy et ses comparses cabotinent, jouent avec le public et entre eux. On sent bien évidemment l’expérience, la complicité, mais surtout le show à l’américaine propre, bien huilé sans un pet de jeu où les musiciens font étalage de leur virtuosité dans des démonstrations techniques assez bluffantes, mais surtout soulantes.
Et puis vient, au bout d’1 heure 1/4, une version de « Running away » d’assez bonne facture. Il était temps, les funk-addicts avaient des fourmis dans les jambes. Bon dieu, il enchaine sur « Evolution » sans nous laisser respirer, le parquet usé du Chabada retrouve peu à peu la santé d’un dancefloor flambant neuf…la fin du concert et les rappels s’annoncent torrides!
Et puis là, la grosse baffe!
Mais pas la baffe musicale dont tu reparleras à tes petits enfants avec des étoiles pleins les yeux, nan pas celle là.
Plutôt la tarte dans la gueule à un gamin qui refuse d’aller se coucher. Les artistes saluent, font signe à la régie qu’il n’y aura pas de rappel, commencent à ranger leur matos et laissent le choriste écouler leurs CD façon « crieur de journaux ». Quelle sensation d’inachevé, nous avons eu droit à un concert de « papys fatigués ».
Deux jours plus tard, je croise un ami de longue date, qui n’a pas pu être là pour le concert, et qui me demande les yeux brillants: « Alors c’était bien? »
Je botte en touche et lui réponds laconiquement: » J’ai vu ROY AYERS et c’est une légende…tiens, tu fais quoi le Vendredi 15 Avril, y’a SLY JOHNSON qui fait escale à Angers?

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